Au cours de ce dernier millénaire avant la naissance de Jésus Christ, l'Asie s'est distinguée par l'avènement des
philosophies religieuses. C'est à moment-là que furent fondés le Taoïsme, le Confucianisme et le Bouddhisme.
Franchir l'Indus, c'était aborder un autre monde. Alexandre le Grand l'a fait en -325. Il meurt en -323, à Babylone,
après avoir unifié le plus grand empire jamais réalisé.
Issu de cet empire, l'Etat Gréco-Bactrien s'étale entre Samarkand et les rives Est de l'Indus. Cet Etat a sans doute
été un des foyers les plus vigoureux de la culture humaine. Il était à mi-chemin de la Grèce et de la Chine. La rencontre de la philosophie
grecque avec le Bouddhisme a incité les penseurs grecs, de retour à Athènes, à s'attaquer aux mythes de leur pays.
Le rationalisme, et le positivisme plus tard, avaient du même coup trouvé les ferments qui leur permettraient de
naître.
En second lieu, le néologisme "Scienthéïsme" suscitera certainement des questions; dans notre analyse, il correspond
sommairement au concept d'une religion de la science. Il revêt l'apparence d'un dogme en ce sens que les personnes qui y souscrivent se reconnaissent par le fait qu'elles
vénèrent la science par-dessus tout. Or, cette attitude d'esprit n'est pas sans poser quelques problèmes d'éthiques graves.
Le scienthéïsme est un mélange détonnant. Il est constitué d'un esprit religieux générateur de
passions, et d'une vision statique et non-évolutive des sciences. C'est cette conception des choses qui a fait croire, pendant un certain temps, à la fixation de
la connaissance, à la validité d'une rigidité du savoir scientifique. Beaucoup de scientifiques du début du siècle se sont heurté
à cette inertie de la science en proposant une nouvelle vision de la physique subatomique. La "limitation cartésienne" dont parle HEISENBERG dans son
célèbre ouvrage "Physique et Philosophie" est un des dogmes du scienthéïsme.
L'absence de contrôle de l'esprit sur les émotions inhérent à toutes passions (religieuses ou autres) a
fertilisé les luttes au sein de la communauté scientifique. Les uns affirmant qu'un savoir acquis est immuable, ne nécessite aucune modification ou
transformation, et encore moins de remise en question. Les autres, certainement plus modestes, et en tous les cas plus prudents, estimant que l'Homme doit s'adapter à la
science (dans le sens connaissance), et non l'inverse.
Il est clair que dans le premier cas, nous avons affaire à une attitude typiquement religieuse, qui n'est pas sans rappeler le pouvoir
dramatiquement puissant des prélats de l'inquisition. Et il est tout aussi évident qu'en ce qui concerne la seconde catégorie de scientifiques, nous sommes
face à des hommes qui savent exploiter cette fonction extraordinaire de l'homme qu'est la Créativité. L'Homme est le seul mammifère capable de
créer, de concevoir quelque chose de neuf à partir d'observations et d'interprétations impartiales et non instinctives.
Si cela est la définition de l'intelligence, nous pouvons alors penser que celle-ci fait défaut aux
scienthéïstes.
L'aube de l'humanité a vu l'apparition du culte des astres, de ce qu'il est convenu d'appeler l'astrolâtrie. Puis, Sumer et
l'Egypte se sont mis à étudier plus sérieusement les mécanismes célestes, tout en se détachant légèrement de cette notion
de culte. Nous reviendrons plus loin sur cette étape primordiale dans le savoir et la perception du monde.
La période des grandes conquêtes et des grands empires durables peut être située entre -2000 et +500. C'est, en
effet, à cette époque qu'eurent lieu les grandes conquêtes et extensions territoriales. C'est l'époque de la fondation des grands empires Egyptien,
Perse, Grec, Macédonien, et enfin Romain.
Parmi les grands conquérants, nous pouvons citer Ramsès II, Sirius, Darius, Alexandre le Grand, César et pourquoi pas,
Attila. Ce dernier s'est toutefois illustré plus dans une conquête rapide et éphémère que dans la fondation d'un véritable et durable
empire. En cela, il n'est pas sans rappeler Napoléon qui, dans un autre temps, a mené la même entreprise. Cette longue période a également vu
l'essor du monothéisme et les débuts des formes républicaines de gouvernement.
En ce qui concerne le monothéisme, le Judaïsme ayant apparemment surgi vers -1200, fut une des étapes essentielles de notre
Histoire. A la suite de cet élan nouveau vinrent l'Hindouisme et le Bouddhisme (quoique tous deux d'essence différente, car en partie composés de
philosophie), le Christianisme et enfin l'Islam.
Nous abordons ensuite une période plus proche de nous, mieux connue, pendant laquelle certaines formes de monothéisme,
après avoir détenu les clés du pouvoir et de la connaissance, ont laissé la place à un autre culte: celui de la science. Aucune critique n'est
ici formulée. Seuls les faits sont énoncés.
Nous développerons plus loin les incidences des pouvoirs financiers et étatiques sur la science et inversement.
2) Les croyances anciennes.
Les religions anciennes, antérieures même aux mythologies grecque et romaine, reflétaient un rapport de dépendance
de l'Homme vis-à-vis de l'Univers. Il s'agissait alors de Terre nourricière déifiée, de Soleil, astre de Vie et de Lune, astre de froid, de mort, et
de nuit, mais aussi de fécondation. La survie des premiers hommes dépendait des métamorphoses de la nature, des changements de saisons, de lunaisons et de
l'alternance jour nuit. Ils éprouvaient une grande fascination teintée de crainte devant ces phénomènes naturels mais inexplicables pour eux.
Ces trois corps célestes (terre, Lune, Soleil), sans lesquels la vie terrestre serait fondamentalement différente (cas de
labsence de Lune) ou franchement impossible (cas de labsence de Soleil), ont constitué le panthéon de nos lointains ancêtres. Il ne pouvait en
être autrement. Leur dévotion était la conséquence de leur incompréhension passive des pulsations et rythmes naturels.
En scrutant le ciel étoilé, à cette époque sans pollution, ces hommes ont pensé discerner dans ces
mécanismes (toujours) complexes et (parfois encore) troublants, des signaux, les signes de leur destin. Comment ne pas imaginer que ces êtres primitifs avaient,
avant toutes techniques, découvert l'art et surtout la poésie? Car il faut une once d'esprit poétique pour se laisser bercer par le cheminement des astres
dans le ciel, par ces étonnantes étoiles filantes ou par la magie du Soleil disparaissant dans l'eau ou de la Lune se métamorphosant continuellement. Un
lien invisible unissant l'Homme à la Nature était perçu intuitivement.
Quelque temps plus tard, et pour affiner le discours religieux, des Esprits de la Nature ont été voués aux arbres,
forêts, montagnes ou autres formes terrestres. D'une certaine façon, l'Homme est revenu à ce qui le concernait directement. Il s'était
accoutumé au cheminement des astres du ciel. Il n'en éprouvait plus aucune crainte. Ce cheminement était devenu une constante non inquiétante.
Contrairement à cette constance, la facilité pour se nourrir était fluctuante. La survie dépendait étroitement de la quantité des
récoltes, des fruits et des baies. Les années de disette mettaient en évidence l'impossibilité de pouvoir se nourrir constamment sans
difficultés. Et d'une année à l'autre, les possibilités d'alimentation pouvaient varier considérablement.
La peur de ne pouvoir satisfaire ses besoins alimentaires occupait l'esprit en permanence. Et par voie de conséquence, la
dévotion est devenu une sécurisation destinée à engendrer l'espoir, destinée à rassurer. Elle s'est alors fixée sur la Terre
nourricière, les arbres fruitiers, les cours d'eau, ainsi que sur le feu, la foudre ou le vent et la pluie. La poésie des " Métamorphoses " d'Ovide en
témoigne très magnifiquement et largement. La déification de tout objet terrestre est une conséquence de la peur de ne pas maîtriser et
contrôler la survie.
Cette étape des croyances humaines semble avoir été le contexte dans lequel sont apparus les concepts religieux entre
-6000 et -1000.
Le polythéisme, né de cette idolâtrie, est apparu assez rapidement. Il a eu des jumeaux: le monothéisme pour la
version religieuse dominatrice des choses, et la philosophie religieuse (telle que le Bouddhisme) pour la version plus préoccupée par les lois et énergies
de la Nature.
3) De l'astrolâtrie à l'astrologie
Parallèlement aux croyances précitées, les personnes habilitées à observer les différents aspects ou
déplacements des objets célestes déifiés ont édicté des règles. En loccurrence, ces personnes étaient le plus
souvent des prêtres. L'observation des saisons en fonction de la place du soleil dans le ciel était notamment une source d'information considérable. Ces
observations ont été à l'origine des fêtes préfigurant aux semences (dédiées à la Terre ou à la Lune) ainsi qu'aux
fêtes des moissons (dédiées au Soleil).
La séparation entre l'astrolâtrie (du grec "astron" = astre et "latres" = adoration) et l'astrologie (du suffixe grec "logion" =
étude) s'est opérée bien avant qu'apparaisse la mythologie grecque. Du moins, dans la version élaboré que nous connaissons. Toutefois, un des
facteurs assez significatif de cette cassure est la double déification du Soleil sous les personnages mythiques de Phébus et d'Apollon. Deux êtres divins
correspondent à une seule et même manifestation physique, le Soleil.
Apollon, beau et resplendissant relève de l'astrolâtrie; et Phébus, parcourant le ciel, devient objet d'étude, donc
astrologique. La perception esthétique du cheminement du Soleil ninduit pas la même attitude desprit que sa perception " mécanique ".
Mais nous savons quune dualité, voire un paradoxe, nest pas forcément synonyme derreur de conception. Quantité
dévénements physiques sont maintenant expliqués par des théories suggérant des paradoxes. Nous enrichissons ainsi notre perception du
monde.
4) Des calendriers aux horoscopes.
Ce n'est apparemment que vers l'an 700 avant J.C. que certains prêtres zoroastriens (disciples de Zarathoustra ou Zoroastre,
réformateur du Mazdéisme* en Iran) ont pensé qu'il pouvait y avoir une relation entre les positions des astres dans le ciel au moment d'une naissance et la
vie de l'individu concerné. Une causalité, bien plus subtile que celle du soleil (via les saisons) sur les récoltes, a été
suggérée à ce moment-là : celle de l'ensemble de lUnivers sur un être vivant sur Terre.
(* : Le Mazdéisme est la religion qui se répandit en Perse et en Iran au dixième siècle avant J.C. Cette
très ancienne tradition aryenne s'apparentait plus à une mythologie qu'à une religion ou une philosophie. Elle vouait un véritable culte au feu et
pratiquait un rite au cours duquel les disciples consommaient un breuvage d'immortalité, le haoma. Le Dieu national était alors Ahura Mazda. La réforme de
Zoroastre mit en évidence le principe du bien opposé à celui du mal, Ormazd et Ahriman. Il condamna les sacrifices humains et l'utilisation de breuvages ou
drogues rituelles. Dès lors, la connaissance de Dieu a nécessité une nouvelle, et certainement plus saine, approche.)
Les dates définies par les calendriers sont devenues autant de points de repères symboliques. Ces repères symboliques
étaient destinés à permettre de juger du comportement futur d'un individu, et de son avenir. La division du temps annuel est donc passée de la simple
mesure à la représentation d'un type de caractère ou de destinée. La portée de cette véritable révolution culturelle est
immense. Elle réside dans deux propositions, à l'époque complètement nouvelles :
1°) le monde n'est pas constitué d'une multitude d'objets distincts et indépendants les uns des autres, mais doit
être perçu comme un tout indivisible. Les hommes font partie de ce tout et leur destin y est donc lié. Il devient donc possible, par l'étude du
cosmos, du tout cosmique, de décrypter l'avenir. Le ciel du moment de la naissance correspond à la phase d'un cycle connu. Et si l'on sait ce que le
développement de ce cycle produit sur l'environnement naturel nous sommes capable, par une habile transposition, d'interpréter ce qu'il peut provoquer chez
l'Homme.
2°) les humeurs et les mouvements humains sont similaires aux mouvements célestes. Comme l'a si bien dit Paracelse (alchimiste et
médecin Suisse du XVI ème siècle de notre ère) plus tard, "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". La loi d'analogie était
née. Les lois régissant le microcosme devaient être les mêmes qui régissaient le macrocosme.
Le terme "horoscope" utilisé ci-dessus ne correspond pas à celui utilisé actuellement. Ce premier terme correspond
à notre "thème astrologique" moderne. Le thème astrologique est un graphique permettant de visualiser les différentes positions des planètes
et autres éléments astrologiques à un moment donné. Il peut être un thème natal (regroupant les positions planétaires et autres
au moment de la naissance), un thème de Révolution Solaire (regroupant les positions planétaires au moment d'un anniversaire), ou encore un autre groupe
de positions planétaires correspondant à un quelconque moment précis.
Par la suite, nous utiliserons pour simplifier, le mot générique "thème" lorsque nous traiterons de l'ensemble des
techniques destinées à construire les différents types de thèmes. Dans des cas plus spécifiques, nous préciserons la nature du
thème par un qualificatif (natal, R.S. ou autre).
5) Astronomie et astrologie
Dans l'ancienne Egypte, les astronomes étaient en fait des prêtres astrologues.
Certains faits et fondements de la société égyptienne ancienne éclairent et expliquent les causes et raisons de
cette double fonction. Pour se faire une idée du temps chez les égyptiens, il est important de noter que l'an 0 absolu, début d'une longue ère,
n'existait pas. Il n'est jamais question, dans les hiéroglyphes déchiffrés depuis Champollion, d'une chronologie au sens actuel du terme. Les expressions
historiques telles que "en l'an XXXX, le Pharaon untel arriva au pouvoir" n'existent pas.
En réalité, chaque pharaon ouvrait une nouvelle ère. De sorte que les récits historiques égyptiens
décrivent une arrivée au pouvoir comme " l'an 1 du pharaon untel". Cette formule constitue, évidemment, un motif de doute, voire de discorde, au sein des
égyptologues au sujet de certains pharaons, dont les dates de règne restent encore floues. L'incertitude plane encore, par exemple, au sujet de la datation de la
première dynastie Pharaonique (de -3200 à -2600).
Cette formulation du temps cadre parfaitement avec un concept de cycles. Autrement dit, le temps est conçu comme un cycle, sans
système de référence universel défini, indépendamment d'une notion de temps zéro. Le rythme des cycles était alors
étudié de très près par les prêtres astrologues, qui tentaient ensuite de mettre en corrélation ces cycles avec des cycles
planétaires observés. Ceci afin de pouvoir discerner, but ultime de ces hiérophantes (prêtres qui présidaient aux mystères d'Eleusis),
le Rythme universel de la Vie.
Un grand pas philosophique et scientifique a été franchi dans les temples égyptiens. Car, à partir de ce
moment-là, un cycle sera considéré comme étant à la fois un espace de temps et un rythme temporel. Ce paradoxe est similaire à celui
rattaché à la lumière. Celle-ci est définie comme des ondes ET des particules (photons). Cette double définition, fréquence Et
matière, est un des paradoxes de notre physique moderne. Mais la notion même de "paradoxe" n'est peut-être qu'un indice de la limitation de nos
possibilités très réduites d'analyse.
D'une façon certes plus philosophique mais moins rationnelle, cette approche du savoir et de la connaissance des prêtres
astrologues Egyptiens est troublante. Nous devons admettre que dans le domaine de la vision et de la conception de notre monde, ils étaient arrivés au même
point que nos scientifiques modernes. Il leur semblait parfaitement concevable que l'exactitude d'une définition passe par un paradoxe. Même si celui-ci devait
jeter le trouble dans la majorité des esprits. Les hiérophantes, forts de leur pouvoir personnel, et totalement indépendants des influences
étatiques ou autres, pouvaient se permettre de cultiver la religion de la Vérité.